Eliott et la Mission Rires chez Ikea

Ce matin-là, un rayon de soleil coquin chatouillait le nez d'Eliott. Elle était blottie au fond de son lit douillet, dans la belle Villa Emma.

Pourtant, Eliott, qui venait d'avoir quatre ans, fronça les sourcils. Elle n'avait pas trop envie de se lever. Elle préférait rester cachée sous sa couette aux motifs de lapins.

La petite fille serrait fort son doudou, une girafe nommée Gigi au long cou tout doux. Elle décida de faire une grimace, juste pour voir si le soleil allait partir.

« Hmpff, je veux rester au lit ! » grommela-t-elle en croisant les bras très fort.

C'est à ce moment précis que la porte de la chambre s'entrouvrit doucement. Une tête apparut, mais ce n'était pas n'importe quelle tête.

C'était Papa ! Mais il avait quelque chose de bizarre sur le visage. Il avait posé une chaussette orange fluo sur son nez, comme une trompe d'éléphant.

« Bonjour Mademoiselle Eliott ! Je suis l'Éléphant Rieur ! » barritt-il joyeusement en agitant la tête.

Eliott essaya de garder son visage sérieux, de faire « le boudin » comme on dit. Ses lèvres étaient serrées, mais ses yeux commençaient à briller.

« Je ne rigole pas, Monsieur l'Éléphant », dit-elle en essayant de bouder encore un peu.

Papa s'approcha du lit en faisant des pas lourds sur le parquet qui craquait gentiment. Boum, boum, boum ! Le bruit résonnait dans la grande chambre calme.

« Oh là là ! Je détecte une petite boudeuse ici ! » s'écria Papa en s'asseyant au bord du lit. « Mais à la Villa Emma, les bouderies sont interdites aujourd'hui ! »

Il attrapa Gigi la girafe et lui fit faire une petite danse rigolote dans les airs. La girafe semblait faire des pirouettes.

« Tu sais quoi, Eliott ? Aujourd'hui, on a une mission très spéciale », chuchota-t-il avec mystère.

Eliott, curieuse malgré elle, laissa échapper un petit soupir et demanda : « C'est quoi la mission ? »

« Nous allons partir en expédition au Château Jaune et Bleu... chez Ikea ! » annonça Papa en levant les bras au ciel. « Et on va manger des boulettes magiques ! »

Les yeux d'Eliott s'agrandirent. Elle adorait ce magasin géant qui ressemblait à un labyrinthe.

« Mais attention, » ajouta Papa d'un ton faussement sérieux, « pour entrer dans le château, il y a une règle d'or. »

Eliott se redressa, la couette glissant sur ses genoux. Elle écoutait attentivement.

« Il faut être gentil, ne jamais faire la tête de boudin, et surtout... se faire plein de blagues ! Tu es prête ? »

Un petit sourire timide apparut enfin sur le visage d'Eliott. C'était bien plus agréable de sourire que de froncer les sourcils.

« D'accord Papa ! Je suis prête ! » s'écria-t-elle en sautant hors du lit.

La préparation fut une aventure en soi. Eliott devait choisir ses vêtements, mais Papa essayait de mettre son pantalon sur sa tête.

« Mais non Papa ! Ça se met sur les jambes ! » riait Eliott aux éclats, oubliant totalement sa mauvaise humeur du matin.

Une fois habillés et tout beaux, ils montèrent dans la voiture. Le moteur ronronna doucement, prêt pour le voyage.

Sur la route, le paysage défilait avec des arbres verts et un ciel bleu éclatant. C'était une magnifique journée.

« Concours de blagues ! » lança Papa en conduisant prudemment. « Toc toc toc ! »

« Qui est là ? » répondit Eliott avec enthousiasme.

« C'est la fée ! » dit Papa. « La fée quoi ? La fée... pas le boudin ! »

Eliott éclata de rire. Son rire résonnait comme des petites clochettes dans la voiture. Elle se sentait légère comme une plume.

Ils arrivèrent enfin devant le grand magasin bleu et jaune. L'immense bâtiment semblait toucher les nuages.

À l'intérieur, c'était un monde merveilleux. Il y avait des lumières partout et une odeur délicieuse de cannelle qui flottait dans l'air.

« Regarde Eliott ! » dit Papa en pointant un canapé rouge moelleux. « On dirait un nuage à la fraise ! »

Ils s'assirent sur le canapé. C'était doux comme du velours sous les doigts d'Eliott. Elle se sentait comme une princesse sur son trône.

Puis, vint le moment tant attendu : le repas au restaurant. Eliott portait son plateau fièrement, comme une grande fille.

« Miam ! » fit-elle en goûtant sa première frite. Être gentille et joyeuse rendait le repas encore meilleur.

Soudain, une petite catastrophe arriva. Eliott fit tomber sa serviette par terre. D'habitude, elle aurait peut-être pleurniché.

Elle sentit la grimace du « boudin » revenir sur son visage. Ses joues gonflèrent un peu.

Mais Papa la regarda et fit des yeux ronds comme des soucoupes, imitant un hibou surpris. « Oh oh ! La serviette a voulu s'enfuir ! »

Eliott se souvint de la leçon. Au lieu de se fâcher, elle éclata de rire à nouveau. « Coquine serviette ! » dit-elle en la ramassant.

« Bravo Eliott ! » félicita Papa avec douceur. « Tu as chassé la colère avec un sourire. C'est ça, la vraie magie. »

Ils continuèrent leur promenade dans le magasin, testant des lits superposés et ouvrant des placards secrets.

Chaque fois qu'ils croisaient un miroir, ils faisaient une grimace rigolote, tirant la langue ou louchant.

Le temps passa si vite qu'ils ne virent pas l'après-midi défiler. Le panier était rempli de petites trouvailles pour la Villa Emma.

De retour à la voiture, Eliott se sentait un peu fatiguée, mais son cœur était rempli de soleil.

« C'était la meilleure journée du monde », murmura-t-elle alors que Papa l'attachait dans son siège auto.

Le retour vers la Villa Emma fut calme et apaisant. La musique douce de la radio la berçait.

Eliott repensa à tous les rires, aux blagues de Papa, et aux boulettes délicieuses. Elle comprit qu'être gentille rendait tout plus beau.

Arrivés à la maison, le ciel commençait à devenir orange et violet, annonçant la venue de la nuit.

Papa porta Eliott jusque dans son lit, car ses petites jambes de quatre ans étaient trop fatiguées pour marcher.

« Tu as été une championne du rire aujourd'hui, ma chérie », chuchota Papa en la bordant.

Eliott serra Gigi la girafe contre elle. L'odeur familière de sa chambre la rassurait.

« Plus jamais de boudin, Papa », promit-elle en bâillant, les paupières lourdes. « C'est nul le boudin. Le rire, c'est mieux. »

« C'est bien vrai », répondit Papa en lui déposant un bisou sur le front. « Fais de beaux rêves rigolos. »

Eliott ferma les yeux. Dans sa tête, elle voyait encore les canapés nuages et les chaussettes sur le nez.

Sa respiration devint calme et régulière. Elle s'endormit avec un grand sourire sur les lèvres, prête pour de nouvelles aventures.

La Villa Emma veillait sur elle, silencieuse et protectrice, enveloppée par la douce nuit étoilée.

Et même dans ses rêves, Eliott continuait de rire aux éclats, car elle avait appris le plus beau des secrets : le bonheur, c'est de choisir de sourire.

Bonne nuit, petite Eliott. Bonne nuit, la championne des blagues.