Eliott et le Dragon Grognon
Il était une fois, dans une chambre douillette aux murs bleu ciel, vivait un petit garçon pétillant du nom d'Eliott. À quatre ans, ses yeux pétillaient d'une curiosité sans limites et ses jouets le suivaient partout dans ses grandes aventures imaginaires.
Ce soir-là, Eliott jouait avec son train en bois préféré, le Grand Express des Rêves. Il avait soigneusement construit un long chemin qui traversait les montagnes de coussins et les forêts de livres.
« Tchou-tchou ! faisait Eliott en poussant le train. En avant, les voyageurs ! » Son chien en peluche, Pépito, était le chef de gare et sa girafe, Gisèle, une passagère très importante.
Mais soudain, catastrophe ! Alors qu'il ajoutait un wagon, le train dérailla en faisant un grand bruit. Les coussins s'effondrèrent et les livres tombèrent comme des dominos.
Eliott sentit une chaleur monter en lui, comme une petite flamme qui s'allumait dans son ventre. Ses jouets étaient par terre, son chemin était détruit ! Une vilaine colère pointa le bout de son nez, toute rouge.
« Nonnn ! » cria Eliott en frappant du pied. La flamme de sa colère devenait plus forte, elle le picotait et le rendait tout tendu. Il avait envie de tout jeter autour de lui.
Juste à ce moment-là, une voix douce et chatoyante résonna dans la pièce : « Ouh là là ! Mais qu'est-ce qui se passe ici, petit aventurier ? »
Eliott leva les yeux et fut bouche bée. Devant lui flottait un petit dragon, pas plus grand que Pépito, avec des écailles irisées comme des bulles de savon et un sourire espiègle. C'était Drako, le dragon des émotions !
« Je suis en colère ! » bougonna Eliott en croisant les bras très fort. « Mon train est cassé et mon chemin détruit ! » Ses joues étaient encore rouges de frustration et ses poings serrés faisaient trembler ses bras.
Drako hocha la tête avec compréhension. « Oh, je vois ce petit dragon grognon qui fait des étincelles en toi ! J'en connais un rayon sur les dragons grognons. Ils sont très énergiques ! »
« Mais comment on fait pour ne plus l'avoir ? » demanda Eliott, sa voix un peu moins forte. Il était intrigué par Drako, qui brillait d'une douce lumière bleue.
« Facile ! » répondit Drako en s'approchant. « Quand le dragon grognon apparaît, nous pouvons lui apprendre à cracher des bulles de calme au lieu de flammes. Veux-tu essayer ? »
Eliott hésita un instant. Cracher des bulles de calme ? Cela sonnait un peu rigolo. « Oui ! » dit-il avec un petit sourire timide. « Mais comment ? »
« D'abord, nous allons faire un grand reniflement de fleur et un long souffle de bougie », expliqua Drako. « Respire par le nez, comme si tu sentais une très belle fleur du jardin du sommeil... » Eliott inspira profondément, sentant l'air frais remplir son ventre.
« Et maintenant, souffle doucement par la bouche, comme si tu voulais éteindre une toute petite bougie sans la faire voler ! » Eliott souffla lentement, et un léger filet d'air s'échappa de ses lèvres. Il répéta l'exercice plusieurs fois.
À chaque respiration, la chaleur dans son ventre diminuait un peu. La flamme rouge devenait rose, puis orange, et enfin une douce lueur dorée. Il sentit ses épaules se détendre et ses poings se desserrer.
« Et après, il faut parler au dragon grognon », poursuivit Drako. « Dis-lui ce qui te met en colère. Les mots sont comme des amis, ils l'aident à comprendre. »
Eliott regarda son train. « Je n'aime pas quand mon train déraille et que mes jouets tombent », expliqua-t-il calmement. Il se sentait déjà mieux, comme si un poids s'était envolé.
« Bravo, Eliott ! » s'exclama Drako, qui le félicita d'un battement d'ailes. « Tu as parlé à ton dragon grognon avec gentillesse. Maintenant, il est tout calme et prêt à t'aider à reconstruire ! »
Avec l'aide de Drako qui flottait doucement autour de lui, Eliott commença à remettre les coussins à leur place. La lumière du dragon des émotions rendait tout plus simple et plus doux.
Il reconstruisit son chemin de fer, encore plus beau qu'avant. Pépito et Gisèle l'attendaient patiemment, prêts pour de nouvelles aventures. Le train des rêves était réparé et Eliott sentait son cœur rempli de paix.
« Merci, Drako », murmura Eliott en bâillant. Le dragon lui fit un clin d'œil. « Souviens-toi, petit Eliott. Quand le dragon grognon se réveille, respire, parle, et il se transformera en un gentil ami. »
Drako s'éleva lentement vers le plafond, ses écailles scintillant comme de minuscules étoiles. Il disparut dans un souffle de lumière apaisante, laissant la chambre plongée dans une douce obscurité.
Eliott se blottit sous sa couette, Pépito à ses côtés. Il ferma les yeux, le cœur léger. Il savait maintenant que, même face à un petit dragon grognon, il avait le pouvoir de le calmer avec des respirations et des mots doux.
Ses rêves seraient peuplés de trains magiques et de dragons apaisants. Bonne nuit, petit Eliott.