La fabuleuse aventure de Pia et la colère farfelue

Il était une fois, dans une chambre baignée de la douce lumière du soir, vivait une petite fille prénommée Pia. À six ans, ses journées étaient de merveilleuses aventures peuplées de ses amis les plus fidèles : ses Playmobils, ses Legos colorés et ses poupées aux cheveux soyeux.

Ce soir-là, une étrange sensation gargouillait dans son ventre, un peu comme un petit monstre chatouilleux mais pas très sympa. Pia essayait de construire le plus haut des châteaux Lego pour sa princesse Playmobil, mais les briques semblaient glisser de ses doigts.

« Oh là là ! » marmonna Pia, en voyant sa tour s'effondrer pour la troisième fois. « Ce n'est pas juste ! » dit-elle à sa poupée préférée, Rosalie, qui la regardait avec de grands yeux bleus, assise sur le tapis.

Une petite boule chaude commençait à monter dans sa poitrine. Pia sentait ses joues chauffer, comme si le soleil du désert avait décidé de se poser sur son visage. Ses sourcils se sont froncés, formant de minuscules collines en colère.

« Pourquoi ça ne marche jamais comme je veux ? » demanda-t-elle, avec un petit trémolo dans la voix. La tour, qui devait être majestueuse, ressemblait plutôt à un tas de briques enrhumées. C’était vraiment frustrant !

Tout à coup, une des briques Lego, une petite brique jaune toute ronde, roula et s'arrêta juste devant elle. « Psst… Pia, » sembla-t-elle chuchoter, d'une voix minuscule et joyeuse. « Pourquoi cette tête de citron pressé ? »

Pia cligna des yeux. Avait-elle bien entendu ? Une brique Lego qui parle ? « Tu m'as parlé ? » s'exclama-t-elle, un petit sourire commençant à étirer ses lèvres. Le petit monstre dans son ventre semblait un peu surpris aussi.

« Bien sûr ! répondit la brique jaune en sautillant. Quand tu es en colère, tu deviens toute rouge comme une tomate, et ça nous fait un peu peur, nous les briques ! » Elle gigota, faisant virevolter les copeaux de bois du plancher.

« En colère ? » Pia rit doucement. « Mais qu'est-ce que je peux faire, alors ? Ça ne fait pas du bien, cette sensation ! » Le petit monstre commençait à se calmer, curieux de savoir ce que la brique allait raconter.

« Eh bien, » dit la brique, « la première chose à faire, c'est de prendre une grande respiration. Comme si tu voulais sentir une fleur toute belle, puis souffler comme pour éteindre une bougie d'anniversaire invisible. »

Pia essaya. Elle prit une grande inspiration, sentant l'air frais remplir ses poumons, puis souffla doucement, imaginant une bougie scintiller. « Oh... » Elle sentit la chaleur sur ses joues diminuer un peu. « Ça marche un petit peu ! »

« Ensuite, tu peux dire à voix haute ce que tu ressens ! » continua la brique. « Dis : "Je suis fâchée parce que ma tour ne tient pas !" C'est un peu comme donner un nom au monstre : il devient moins effrayant. »

Pia hésita un instant. « Je... je suis fâchée parce que ma tour ne tient pas... » murmura-t-elle. Et c'était vrai ! En le disant, le monstre à l'intérieur semblait devenir plus petit, presque aussi petit qu'une brique Lego.

« Si ça ne suffit pas, » ajouta la brique jaune, « parle à maman ou papa. Ils sont comme de grands magiciens pour les colères ! Ils ont plein d'astuces pour t'aider à te sentir mieux. »

Pia sourit. Elle regarda sa tour Lego, qui était toujours un peu bancale, mais ça ne la mettait plus en colère. Elle prit une autre grande respiration, puis une autre, et une autre. La brique jaune cligna de son petit œil.

« Merci petite brique jaune ! » dit Pia, en la ramassant délicatement. Elle la plaça au sommet de sa tour, qui semblait maintenant beaucoup plus joyeuse, même un peu penchée. « Je vais aller raconter ça à Maman… »

Les yeux de Pia commencèrent à se fermer doucement. La chaleur agréable de son lit l'enveloppait, et le petit monstre de colère était parti, laissant place à une douce mélodie dans son cœur.

Elle rêva de tours Lego qui parlaient et de princesses Playmobil qui riaient, s'endormant avec un doux sourire aux lèvres.