Pia et la Montagne de Colère
Il était une fois, dans une chambre baignée de la douce lumière du crépuscule, vivait une petite fille nommée Pia. À six ans, Pia avait les joues rondes et les yeux pétillants, toujours prêts à découvrir de nouvelles aventures avec ses amis Playmobils et Legos.
Ce soir-là, une drôle de sensation chatouillait le bout de son nez, comme une bulle de savon qui allait éclater. Ses Legos, d'habitude si obéissants, refusaient de tenir ensemble pour construire sa fusée spatiale arc-en-ciel. « Ça ne veut pas s'assembler ! » grommela-t-elle, les sourcils froncés.
Ses poupées, Colette et Paillette, la regardaient de leurs grands yeux écarquillés depuis leur tapis douillet. Pia sentait la bulle du mécontentement grossir, grossir, comme un mini ballon de baudruche prêt à 'pop' dans sa tête. Ses mains se serraient doucement.
Juste à côté, Captain Cosmos, son Playmobil astronaute préféré, semblait hochait la tête silencieusement. Il avait déjà affronté des astéroïdes bien plus coriaces ! Mais Pia, elle, sentait une petite chaleur monter dans ses joues. « Pourquoi ces pièces ne coopèrent-elles pas ?
» murmura-t-elle à elle-même, un son un peu aigu.
La fusée refusait toujours de s'élever vers les étoiles imaginaires. Une de ses pièces Lego, la rouge, décida de faire la diva et glissa de la pile ! « Non ! » s'exclama Pia, un petit cri de frustration lui échappant du cœur.
La petite bulle s'était transformée en une vague, puis en une petite montagne toute grise et moche. Cette montagne de colère grandissait un peu dans son ventre. Pia sentait ses mains devenir des petits poings serrés. « C'est pas juste ! » soupira-t-elle, une moue sur les lèvres.
C'est alors que Captain Cosmos, avec son casque brillant, sembla lui faire un clin d'œil. « Pia, ma petite exploratrice, même les plus grands défis ont des solutions, » lui chuchota une petite voix imaginaire, presque comme le vent dans son oreille.
Pia fut un peu surprise mais cela la fit rire. Elle se rappela ce que Maman lui disait toujours : « Quand la colère monte comme une petite bulle de soda, il faut souffler dessus pour la faire éclater doucement.
» Elle prit une grande inspiration, gonflant son ventre comme un gros ballon, puis souffla doucement, doucement, comme pour éteindre une bougie.
Le Captain Cosmos avait raison. La montagne grise et moche de colère diminua un petit peu. Elle souffla une deuxième fois, et la montagne rétrécit encore, un peu comme un château de sable qu'une vague emporte doucement.
Les pièces Lego n'avaient pas bougé, mais Pia, elle, se sentait déjà plus calme. « Captain Cosmos, tu crois qu'on peut essayer de parler à cette fusée ? » demanda-t-elle à son ami plastique. Elle prit délicatement la pièce rouge effrontée.
« Chère pièce rouge, s'il te plaît, pourrais-tu rester en place ? On veut aller sur la lune ! » Et, miracle ! La pièce rouge, comme si elle avait compris, se cala parfaitement sur la fusée. Les autres Legos suivirent, contents de la voir si douce.
Pia avait réussi ! Sa fusée était maintenant prête à décoller, arc-en-ciel et solide. Elle donna un grand câlin à Colette et Paillette. La petite montagne de colère était devenue une minuscule colline, puis avait complètement disparu, remplacée par le soleil d'une fierté toute douce.
Elle réalisa qu'elle pouvait demander de l'aide à Colette, aux Playmobil, ou à Papa et Maman, plutôt que de laisser la montagne grandir. Elle rangea ses Legos, ses poupées et Captain Cosmos dans leurs maisons respectives, tout en souriant.
Pia se glissa sous ses draps, sentant la douceur de sa couette sur sa peau. Les étoiles brillaient doucement à travers sa fenêtre, promettant de belles aventures oniriques.
Sa fusée arc-en-ciel la rejoindrait sûrement dans ses rêves, et cette fois, elle irait très loin, très haut, avec le vent tout doux de la bonne humeur. Bonne nuit, ma petite Pia. Fais de beaux rêves étoilés.